Sommaire
Pas besoin d'un ransomware pour paralyser une entreprise : une pelleteuse qui sectionne la fibre, une coupure électrique de quartier ou une box qui rend l'âme suffisent. À l'heure du tout-cloud, « plus d'Internet » signifie souvent « plus rien » — caisse, téléphone, emails, logiciels. La continuité face à ces pannes banales se prépare avec des moyens modestes, et fait partie de tout [plan de continuité](/ressources/pra-pca) digne de ce nom.
1.Internet coupé : le plan B en trois étages
- Étage 1 — le partage de connexion 4G/5G des téléphones : gratuit, immédiat, suffisant pour les usages essentiels de quelques personnes ; vérifiez les forfaits (data partageable) AVANT la panne
- Étage 2 — le routeur 4G/5G de secours : un boîtier à moins de 150 € avec sa carte SIM (forfait data dédié à quelques euros/mois), prêt à prendre le relais pour tout le bureau ; certains pare-feu basculent automatiquement
- Étage 3 — la double connexion permanente pour les activités critiques : deux liens d'opérateurs différents (idéalement par technologies différentes, fibre + 4G/5G), avec bascule automatique
- Tester la bascule une fois par trimestre : le routeur de secours jamais testé rejoint la sauvegarde jamais testée au rayon des fausses assurances
2.Électricité coupée : protéger puis durer
- Des onduleurs (UPS) sur les équipements critiques : serveur, NAS, box/routeur, caisse — ils encaissent les microcoupures (destructrices pour le matériel) et donnent 10-30 minutes pour arrêter proprement
- L'onduleur pilote l'arrêt : connecté au serveur/NAS, il déclenche l'extinction propre avant d'être à plat — évite les corruptions de données
- Penser à la box DANS l'onduleur : de l'électricité sans Internet ne sert à rien si le télétravail de secours dépend du cloud
- Pour les coupures longues : les portables (batteries intégrées) + partage 4G permettent de continuer ailleurs — le siège n'est pas l'entreprise
- Batteries externes chargées et multiprises parafoudre : les basiques qui coûtent trois fois rien
Cas concret
Scénario vécu : travaux de voirie, fibre coupée pour 5 jours ouvrés (le délai de réparation ne dépend pas de vous). Sans plan B : 5 jours quasi morts. Avec un routeur 4G à 120 € préparé : 20 minutes de bascule, un débit réduit mais tous les usages essentiels maintenus — devis, emails, caisse, téléphonie. La différence entre anecdote et sinistre tenait dans un tiroir.
3.Les usages à sécuriser en priorité
- L'encaissement : le terminal de paiement a-t-il un mode 4G ou dégradé ? Sinon, prévoir la procédure (empreinte, paiement différé, espèces)
- La téléphonie : si elle passe par Internet (VoIP), configurer le renvoi vers les mobiles — et savoir le déclencher depuis l'interface opérateur, accessible en 4G
- L'accès aux données vitales hors ligne : contacts clients du jour, plannings, procédures — une copie locale ou imprimée du minimum vital
- Les échéances qui n'attendent pas : paie, déclarations, virements — savoir les faire d'ailleurs (portable + 4G + accès sécurisés)
4.Écrire le mini-plan (une page)
- Qui déclenche quoi : la bascule 4G, le renvoi téléphonique, l'information de l'équipe
- Où sont les équipements de secours et leurs codes (SIM, Wi-Fi du routeur)
- Les numéros utiles : opérateur (et votre référence client), électricien, propriétaire des locaux
- Le seuil de décision : à partir de combien d'heures bascule-t-on en télétravail / chez le voisin / au local de secours ?
- La page rejoint la fiche réflexe incident — imprimée, évidemment
L'essentiel à retenir
- 01Vérifier que les forfaits mobiles permettent le partage de connexion
- 02Acquérir et tester un routeur 4G/5G de secours
- 03Installer des onduleurs sur serveur, NAS, box et caisse
- 04Configurer le renvoi téléphonique de secours et savoir l'activer
- 05Définir la procédure d'encaissement en mode dégradé
- 06Écrire et imprimer le mini-plan de coupure
Questions fréquentes
La double connexion Internet permanente vaut-elle le coût pour une TPE ?
Question de dépendance : si une heure sans Internet arrête l'encaissement ou la production, oui — quelques dizaines d'euros par mois contre des journées perdues. Si l'activité tolère quelques heures de mode dégradé, le routeur 4G en secours froid (allumé quand il faut) suffit largement. Chiffrez une journée d'arrêt : la réponse tombe d'elle-même.
Quelle autonomie pour un onduleur ?
L'onduleur n'est pas un groupe électrogène : son rôle est d'encaisser les microcoupures et de permettre l'arrêt propre (10-30 minutes). Pour durer des heures, il faut dimensionner très au-delà (coûteux) ou passer au groupe électrogène — rarement justifié en TPE, où la bonne réponse aux coupures longues est le repli (portables + 4G + travail ailleurs).
Le cloud nous rend-il plus ou moins vulnérables aux coupures ?
Les deux : plus dépendants d'Internet (d'où le plan B connexion), mais beaucoup plus résilients au reste — vos données et outils restent accessibles de partout, un local inondé ou cambriolé n'emporte plus l'entreprise. Le combo gagnant : outils cloud + connexion de secours + les sauvegardes indépendantes habituelles.
Pour aller plus loin
Vos sauvegardes tiendraient-elles le choc ?
Mise en place, tests de restauration, plan de reprise : nous rendons votre activité résiliente, à votre échelle.
